L’Antique

Longueur/largeur int : 342/370 cm
Hauteur int max : 454 cm
Hauteur int min : 198 cm
Altitude : 380 m
Surface : 9,8 m2
Matériaux utilisés : pierre
Techniques de construction remarquables : pierre sèche et encorbellement

L’Antique sommeille depuis plusieurs siècles au milieu d’une plaine méditerranéenne tapissée de plantes herbacées. Privée de l’ombre des pins, elle doit affronter un soleil puissant. Sa carapace minérale massive dénote dans le paysage environnant. Elle a été formée par des milliers de pierres calcaires sorties de terre, entassées et agencées par des paysans. Ainsi dressé au- dessus d’une végétation basse, l’abrume sert de point de repère.

L’Antique — illustration 1

LA PIERRE SÈCHE ET SON ARCHITECTURE PHŒNIX

L’Antique est une carabelle. Un nom vernaculaire, désignant un type d’architecture endémique d’un petit village occitan situé aux confins du Haut-Languedoc, qui trahit son emplacement géographique. Plus largement, elle appartient à la grande famille des cabanes en pierre sèche, présentes sur tout le pourtour méditerranéen. L’histoire des carabelles est indissociable du passé agricole de la région. Autrefois, les paysans entreposaient les pierres qu’ils trouvaient au fond de leurs terrains, formant des tas appelés « clapas ». Ils s’en servaient pour marquer des limites, bâtir des murs de soutènement ou construire de nombreuses cahutes où ils entreposaient leurs outils et se réfugiaient en cas de mauvais temps. Ces cahutes, dont fait partie cet abrume, forment un pan du patrimoine architectural de la région.

De loin, on aperçoit d’abord un monticule minéral d’apparence uniforme et composé de deux strates. Puis, à mesure que l’on se rapproche, les milliers de pierres assemblées pour bâtir l’abrume apparaissent peu à peu. Les difformités, les creux, les accidents se dévoilent : cet abri résulte d’un travail de fourmi. La force de l’abrume réside dans l’absence de liant ou de matériau de scelle- ment. Les pierres, posées les unes sur les autres, font corps grâce à la justesse et à l’intelligence de leur agencement.

Bâties sans ajout extérieur, les microarchitectures en pierre sèche sont en quelque sorte immortelles. Même si les pierres se dégradent dans le temps, elles pourront toujours être réparées, relevées, à partir des ressources présentes in situ. Cette technique de construction ne nécessite ni machine ni outil spécifiques. Elle place les humains au cœur du processus. Tout réside dans le regard, l’observation des pierres, la capacité du constructeur ou de la constructrice à les agencer patiemment pour édifier une enveloppe solide. Chacune occupe une place spécifique au sein de cet ouvrage minéral.

L’Antique — illustration 2
L’Antique — illustration 3
L’Antique — illustration 4