Le Fossile

Longueur/largeur int : 348/367 cm
Hauteur int max : 240 cm
Hauteur int min : 220 cm
Altitude : 1 840 m
Surface : 12,8 m2
Matériaux utilisés : pierre, tôle bac acier et bois
Techniques de construction remarquables : pierres maçonnées et pignons à redents

Le Fossile arbore fièrement ses deux pignons aux vagues allures d’Europe du Nord. Renvoyant ainsi à un tout autre environnement, il apparaît singulier dans cette partie méridionale de l’Europe. Pour savoir si cette évocation du lointain est justifiée, il faudra observer minutieusement cette bergerie en activité, afin de percer ses mystères et de comprendre son histoire intimement liée à celle du territoire.

Le Fossile — illustration 1

UN PIGNON ÉVOCATEUR D’UN AILLEURS

Situé en contrebas d’une piste carrossable, le Fossile est doté de deux imposants pignons crénelés. La présence de ces façades latérales couronnées de dents de pierre qu’il faut contourner pour entrer dans l’abrume peut sembler singulière. Les pignons crénelés ou à redents (redans) ont été beaucoup utilisés dans l’architecture septentrionale. On les retrouve sur tout le pourtour des mers du Nord et Baltique, depuis les grandes places belges jusqu’aux ports allemands. Dans le nord de l’Europe, ces éléments architecturaux, généralement purement décoratifs, sont des signes de richesse et de puissance. Ici, ils remplissent une fonction bien précise. Les pignons à redents sont les vestiges d’une manière de bâtir pratiquement révolue. Employés dans des architectures rurales en chaume, ils permettaient de retenir la paille lorsque le vent se levait et soufflait la toiture. Souvent surmontés de lauzes (pierres plates), parfois inclinées, ils prévenaient les infiltrations d’eau dans les murs porteurs. Le crénelage a un autre atout : il facilite la construction et la maintenance de la toiture, en offrant un accès facile grâce à son découpage en escalier.

Le Fossile conserve les stigmates de son histoire mouvementée. Les différences de teinte entre les pierres des parties inférieure et supérieure de ses pignons montrent qu’il a connu plusieurs vies. Bâti en 1944, détruit en 2013 par une violente avalanche, puis reconstruit deux ans plus tard, il n’a a priori jamais eu de toit de chaume. Le choix des créneaux de pierre apparaît comme un hommage au patrimoine de la région. Avec sa toiture contemporaine en tôle et ses pignons crénelés, cet abrume porte les marques d’un mode de construction ancestral dans un monde nouveau. Il pousse les visiteurs et les visiteuses à s’interroger sur son histoire et les richesses du territoire dans lequel il s’inscrit.

Le Fossile — illustration 2
Le Fossile — illustration 3
Le Fossile — illustration 4
Le Fossile — illustration 5
Le Fossile — illustration 6
Le Fossile — illustration 7
Le Fossile — illustration 8