L’Hermite
Longueur/largeur int : 489/371 cm
Hauteur int max : 326 cm
Hauteur int min : 190 cm
Altitude : 624 m
Surface : 18,1 m2
Matériaux utilisés : pierre et bois
Techniques de construction remarquables : pierres maçonnées et toiture en lauzes
La position de l’Hermite, accroché entre une falaise vertigineuse et une chapelle romane, est spectaculaire. Au cœur d’un environnement abrupt, presque inhospitalier, cet abrume s’inscrit dans un site formé par trois terrasses, d’où le regard embrasse toute la vallée en contrebas. La nuit, les lumières des villages scintillant dans le lointain renforcent le sentiment d’isolement.

UN EXEMPLE DE GREFFE ARCHITECTURALE
Adossée à la chapelle en contrebas, l’abrume est comme greffé à la falaise. Depuis les escaliers, le regard se porte d’abord sur le mur du pignon qui épouse les contours irréguliers de la roche calcaire, comme s’il constituait une excroissance de la paroi. Cette impression est renforcée par sa verticalité. L’Hermite est surmonté d’une toiture en lauzes : une technique de construction traditionnelle, témoignant d’un attachement à l’architecture vernaculaire. À l’intérieur, le sol en pierres plates gomme les irrégularités du terrain. Les murs, la cheminée et les niches sont recouverts d’un enduit taloché donnant l’impression qu’ils ont été modelés. Ce revêtement, probablement plus tardif que la construction de l’abrume, permet de resserrer les pores de la surface et la rend plus résistante à l’humidité. Un plancher de bois, faisant office de dortoir a été installé à presque deux mètres au-dessus du sol pour le protéger du froid. Dans cette pièce, tout est camouflage, comme s’il s’était agi d’effacer les caractéristiques du site et l’histoire de l’abri.
Une porte située sous le plancher-dortoir, face à l’entrée, donne accès à une seconde pièce qui semble servir de réserve de bois. De grosses branches et des troncs entiers y sont entreposés. Cet espace dévoile une autre facette de l’abrume qui nous renvoie à l’idée de greffe. Sur la gauche, l’imposante paroi rocheuse rappelle ce qui se joue à l’extérieur : les murs de pierre nus, la scission entre architecture et nature... L’impression d’habiter un nid d’aigle s’impose comme une évidence. Le précipice est proche, de l’autre côté de la pièce, sous le plancher et sous nos pas. Un simple un coup d’œil par la fenêtre suffit à nous convaincre que nous avons vu juste.
Cette greffe architecturale est également une greffe d’usage. Historiquement ce lieu a servi d’abri à un hermite, religieux solitaire venu se retirer loin de la civilisation. C’est aujourd’hui une cabane non gardée ouverte à tous et toutes. Lors de notre visite, nous avons le sentiment de devoir nous faire tout petits, pour ne pas rompre l’harmonie sacrée de cette sublime réalisation.




