Le Vaisseau
Longueur/largeur int : 370/458 cm
Hauteur int max : 239 cm
Hauteur int min : 126 cm
Altitude : 2 180 m
Surface : 16,95 m2
Matériaux utilisés : bois et métal
Techniques de construction remarquables : surélévation par des pilotis
Au beau milieu d’une large prairie naturelle, on croirait que cet abrume vient tout juste de se poser pour admirer les dernières teintes de l’automne. Presque aérien, il est surélevé, et ainsi isolé des terres humides et glaciales des hauts sommets. Doté d’une double toiture inversée, le Vaisseau se détache nettement dans le paysage, semblable à un ovni. Ses grandes baies vitrées découpées aux formes singulières ajoutent à son étrangeté.

UN OVNI VERNACULAIRE
C’est un vaisseau spatial oscillant entre ciel et terre. Des étais métalliques placés de part et d’autre de son enveloppe en double pente inversée forment les pieds de cet étrange appareil. Au centre, un escalier extérieur est déployé, telle une passerelle. La façade prin- cipale en bardage bois accueille d’un côté une grande baie vitrée caractérisée par des traits de découpe sin- guliers, en biais, et de l’autre une porte accolée à une plus petite baie. La pointe du Vaisseau est recouverte de tôle, comme le reste de l’enveloppe. Elle repose sur un gros pylône métallique semblable à un mât de bateau. Cet ovni aux lignes angulaires paraît à première vue déconnecté de son environnement. Autour de lui, les lignes sont courbes, et pourtant...
En regardant plus attentivement, on comprend les logiques architecturales en lien avec le contexte. La surélé- vation est intéressante sur ces terres trempées et légèrement pentues. Les doubles pentes inversées du Vaisseau fendent le vent et dévient la pluie. Sa toiture dépasse largement d’un côté afin de servir d’auvent à un atelier extérieur où des réserves de bois et des outils sont entreposés sur une plateforme, bien au sec. Sur la partie haute de la façade principale, le vide l’emporte largement sur le plein, pour emplir de lumière l’unique pièce intérieure. Les autres façades sont dépourvues d’ouverture. Elles forment une sorte de coque opaque et hermétique. L’abrume a été conçu comme un espace mono-orienté.
Le berger ou la bergère qui utilise cet abrume a mis en place un système de drainage à l’aide de tuyaux d’irrigation qui utilise intelligemment la topographie pour alimenter des bidons, placés en contrebas. Grâce à la récupération des eaux de ruissellement, il est possible de faire boire les bêtes et de rincer des outils. Cet abrume, en apparence déconnecté de son environnement, apparaît au second regard comme indissociable de celui-ci. Son positionnement et sa forme répondent directement aux lourdes contraintes imposées par le site : la topographie complexe, la forte humidité des sols et la surexposition au vent.






